Aldebaran aime méditer sur la vie et la mort, les couchers de soleil et les étoiles, et toutes ces choses si inutiles et si nécessaires.
Il aime par desssus tout les correspondances entre les domaines qui le passionnent : musique sacrée et musique classique, peinture, photographie, astronomie, géographie,...

J'écoute : Knut Nystedt
Je regarde : les profils de mes amis.
Je lis : de la musique.
Je joue : vraiment ?
Je mange : ... à nouveau trop de chocolat, oh là là !
Je bois : de l'eau plate... non de l'eau de là !
Je cite : « Je suis seul avec le silence. J’ai découvert qu'une seule note suffit quand elle est bien jouée. » Arvo Pärt
Je pense : donc je suis !
(mis à jour lundi 15 septembre 2008 à 23:50)

29/09/2007

29/09/07 - 13:02

Musique silencieuse : méditation pour un jour gris




Jour gris. Le Stabat Mater d’Arvo Pärt dans les oreilles, je médite. Et puis, il y a ces paroles de Ramuz qui me reviennent :

« 14 mai : Ascension. Vers les sept heures, j’ai ouvert ma fenêtre. Il pleuvignait. Un ciel gris. Mais les oiseaux ne voulaient pas se taire.J’écoute avec nouveauté, je regarde aussi avec des yeux neufs : c’est le don du matin, c’est quand on ressuscite. Et le chant des oiseaux redevient musique ; je le réincorpore au spectacle dont il n’est plus que l’accompagnement : il rentre dans le système, il redevient béatitude. […] Poussant plus avant, on distingue obscurément que toute la nature n’est qu’une espèce de liturgie et qu’elle n’a pour fonction que de célébrer quelqu’un ou quelque chose (de se célébrer elle-même), avec persévérance et obstination. Jusqu’aux astres dans les cieux qui tournent perpétuellement sur eux-mêmes avec leur grande musique silencieuse par quoi ils se louent d’exister ; et puis, à présent, sur la terre, ces cloches, elles aussi singulièrement monotones, mais qui sont un nouvel apport à l’applaudissement universel. » (extrait de son Journal)

Retour à Pärt. Musique minimale, comme suspendue dans les airs. Trois voix, trois instruments à cordes, c’est tout. Et 25 minutes d’éternité… La première fois que j’ai entendu de la musique de ce compositeur estonien contemporain (il a 72 ans), je me suis dit : « Voilà, c’est ça ! ». Inexplicable attirance pour cet univers musical si étrange et en même temps si proche. Musique paradoxale : si ascétique, et pourtant si puissante, si impersonnelle et pourtant si émouvante, si peu descriptive, et pourtant mettant si bien en valeur ce texte extraordinaire du Stabat Mater ? Peut-être que c’est finalement ça, la « musique silencieuse » à laquelle faisait allusion Ramuz ?

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