26/10/2007La Grande Peur dans la MontagneVu mercredi soir à la télévision suisse romande une adaptation du célèbre roman de Charles Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la Montagne.
Plutôt convaicant : décors d'à pic vertigineux et de lumières rasantes, musique omniprésente mais en accord parfait avec l'atmosphère quasi mystique qui plane sur ce drame valaisan, réalisation dans l'esprit ramuzien, plein de non dits, de lourdeurs, d'équivoques, et surtout acteurs au diapason, Jean-Luc Bideau en tête, incarnation parfait du paysan attaché à des coutumes et superstitions plus ou moins chrétiennes, mais lié viscéralement à sa terre, à sa montagne, en comprenant les moindres signes.
Les autres acteurs sont tout aussi convaincants.
Ce qui l'est moins, c'est la fin du téléfilm, en total désaccord avec le roman. Celui-ci traite de deux thématiques principales : le rapport homme-nature et la peur, ou plutôt la tranmission de la peur, la manière dont elle passe d'un individu à l'autre, pour finalement se transfomer en hystérie collective. Si dans le début du téléfilm, cette lente montée de la peur est bien ressentie, l'épilogue tombe à plat. Le réalisateur et le scénariste n'ont pas cru bon de respecter le récit de Ramuz, qui, à la fin de son roman, pousse au paroxysme cette transmission de la peur, dans un épilogue catalysmal et apocalyptique. Le téléfilm se termine en "happy end" hollywoodien, mais pas ramuzien. Dommage, car La Grande Peur dans la Montagne est si riche d'enseignements pour aujourd'hui !
"C'est que la montagne a ses idées à elle, c'est que la montagne a ses volontés." (C.F. Ramuz). 20/10/2007Virilité
Qu’est-ce que la virilité ? Moi qui suis attiré par des hommes dits « virils » (tels ceux qui éGAYent cet article), je me suis souvent posé cette question. Je l’ai d’ailleurs soumise à un forum sur GA et le nombre étonnant de réponses (j’en ai été le premier étonné d’ailleurs) m’a montré à quel point ma question était partagée par de nombreux autres membres.
Tout d’abord, la virilité est quelque chose de très personnel : chaque homme – chaque femme a sa définition de ce qu’est un homme « viril ». Et puis, c’est une notion culturelle : la virilité japonaise n’est pas la virilité africaine ni américaine. Il n’empêche : il y a toujours des points communs entre toute ces définitions.

Le premier point commun, c’est qu’un homme viril n’est pas lisse ou transparent : il possède une certaine « rugosité ». Rugosité faciale, mais surtout rugosité psychologique : à ne pas confondre avec la rudesse ou pire, la grossièreté. Un homme qui jure tous les trois mots, qui se croit viril en se comportant comme un porc, qui joue les gros bras, c’est une caricature de la virilité. Non, l’homme viril ne se laisse tout simplement pas enfermer dans des catégories, il garde un certain mystère (ne dit-on pas que les barbus ont quelque chose à cacher ? c’est mon cas en tout cas !), une certaine distance (voir la photo de Raoul Bova avec son ceintre : à la fois superbement masculin et farouche). Cette rugosité est une sorte de bouclier protecteur. Mais aussi une façon de s’affirmer face à des hommes stéréotypés (gays ou pas d’ailleurs).
Et le second point commun, qui est d’ailleurs très lié au premier, c’est qu’un homme viril est un peu paradoxal. Ainsi, l'homme viril est ambigu : sauvage, mais civilisé ; puissant et musclé, mais timide ; "rentre dedans", mais farouche, ouvert et fermé à la fois, dur et doux à la fois. Le "bear" est le paroxysme de cette ambiguité : doux comme un ourson ou un nounours, mais aussi sauvage et violent parfois. Et si l'homme en question est gay, on rajoute simplement une ambiguité de plus. Et c'est justement cette ambiguité qui est attirante, qui fait qu'on ne peut pas classer un mec dans telle ou telle catégorie. La virilité est d'abord une attitude, avant d'être un nombre de poils au centimètre carré... Il n'empêche, le rapport au corps et la manière dont on veut le (re)présenter dit aussi beaucoup de ce que l'on est à l'intérieur.
 
Ainsi, l’homme viril ne se laisse pas enfermer dans des catégorisations trop fermes : il est souverainement libre, souverainement beau, souverainement lui-même, et c’est pour ça qu’on l’aime !
17/10/2007L'automne en ValaisImpressions automnales dans la Vallée du Trient, en Valais (en Suisse).
07/10/2007Olivier Messiaen : Psalmodie sur l’ubiquité par amour
Tout entier en tout lieu,
Tout entier en chaque lieu,
Donnant l’être à chaque lieu,
A tout ce qui occupe un lieu,
Le successif vous est simultané,
Dans ces espaces et ces temps que vous avez créés,
Satellites de votre Douceur.
Posez-vous comme un sceau sur mon coeur.
[…]
Vous qui parlez en nous,
Vous qui vous taisez en nous,
Et gardez le silence dans votre Amour,
Vous êtes près,
Vous êtes loin,
Vous êtes la lumière et les ténèbres,
Vous êtes si compliqué et si simple,
Vous êtes infiniment simple.
[…]
Olivier Messiaen, extraits de «Psalmodie sur l’ubiquité par amour», troisième partie des Trois petites Liturgies de la Présence divine
Un extrait du texte jubilatoire et si poétique de l’œuvre qui m’a fait découvrir ce génial compositeur qu’est Olivier Messiaen.
De plus, le thème de cette œuvre (la présence de Dieu) me concerne d’autant plus que j’ai eu l’occasion de travailler, dans le cadre de mon mémoire en géographie, sur le choix de l’emplacement des lieux sacrés… J’aurai l’occasion, je l’espère, de vous en faire part un de ces jours…
P.S. : pour les intéressés, j’ai le texte de Messiaen en version complète à disposition.
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